Un centre de tri de déchets en projet au-dessus de notre eau potable : qui protège l’intérêt public ?
Personne ne conteste l’utilité du recyclage. Trier, valoriser et réutiliser les matières est indispensable.
Mais encore faut-il choisir des lieux compatibles avec les risques inhérents à ces activités.
À Léchelles, un projet de centre de tri des déchets pourrait être implanté au-dessus de l’aquifère du Puits-des-Baumes alimentant plusieurs milliers de personnes des communes de Belmont-Broye et Grolley-Ponthaux en eau potable.
Ce site n’est pas anodin. Ancienne friche industrielle abandonnée depuis une vingtaine d’années, il s’est renaturé progressivement au point d’accueillir des espèces reconnues d’importance cantonale et sert aujourd’hui de protection naturelle à la qualité de la ressource en eau sous-jacente.
Plutôt que de protéger durablement cette zone sensible, on envisage aujourd’hui sa réindustrialisation.
J’ai contesté ce projet. Non par intérêt privé, mais par souci de protection de l’eau, de la forêt qui l’entoure et du bon sens.
Pourtant, ni la commune, ni les autorités cantonales n’ont voulu examiner le fond de ces inquiétudes. Motif invoqué : mon opposition serait irrecevable car j’habite à plus de 3 km du site.
Autrement dit : un citoyen qui boit cette eau n’a pas le droit de s’inquiéter de sa qualité.
Cette logique interroge profondément.
Quand des milliers de personnes dépendent de cette ressource, la vraie question n’est pas la distance des citoyens au site, mais la sécurité de l’eau qui leur est distribuée. Qui défend encore le principe de précaution ?
Pour ma part, j’ai choisi de continuer à relayer cette inquiétude, partagée par de nombreux habitants de Belmont-Broye et de Grolley-Ponthaux, à critiquer ce non-sens et à appeler à réagir.