Il convient de noter que la Figure 3-4 et 3-5, page 7 et 8 du Rapport d’Impact sur l’Environnement (RIE), bien qu’illustrant parfaitement le risque déjà relevé et le danger représenté par les crues à l’Est, suggère parfaitement ce qui pourrait arriver avec un débordement par la route vers le Nord-Ouest.
Le dossier ne mentionne d’ailleurs que la partie Est de la parcelle 8757RF comme étant concernée par le danger d’inondations par des crues et bien que le SEn et la CDN aient requis une analyse détaillée des risques dans le secteur de l’éventuelle zone spéciale, ni Urbasol qui rédige le Rapport explicatif, ni le bureau d’ingénieurs CSD, mandaté pour l’étude de risques de crues, ne jugent opportun de procéder à des mesures de protection particulières contre le danger élevé d’inondation par les crues en raison du risque « acceptable » et exonèrent le RCU de toute mention dans ce sens, malgré l’existence d’un risque (puisqu’il est acceptable).
Sans directement mettre en doute l’analyse qui a été faite, on peut toutefois légitimement se poser la question de savoir ce qu’est un risque acceptable par rapport à la ressource en eau décrite plus haut, elle-même définie comme étant d’importance vitale pour toute la région.
L’évaluation du préavis de l’ECAB, dans ce cadre, est également révélatrice du fait qu’on se trompe de focus et engendre une évaluation incomplète du risque dont on peut aussi se demander quels sont les critères d’appréciation puisqu’en disant que le projet n’engendrera pas de modifications notables de la situation actuelle, le dossier explicatif précise qu’aucune nouvelle construction dans les secteurs de danger n’est prévue et ne nécessite de mesures de protection dans le domaine de la maîtrise des dangers naturels.
Le développement du projet n’engendra pas de modification notable de la situation actuelle (le projet ne prévoit aucune nouvelle construction dans les secteurs de danger) et ne nécessite pas de mesures de protection particulières dans le domaine de la maîtrise des dangers naturels (voir rapport d’impact sur l’environnement).
Rapport explicatif 47 OAT (3.4 Autres éléments figurant au PAZ, Dangers naturels et ruissellement)
Est-on bien conscient que ce ne sont pas les constructions qui sont en cause, ni ne représentent un sujet d’inquiétude, mais bien les déchets et matériaux qui devraient être entreposés dans l’enceinte de la zone spéciale ? Il suffit d’une crue suffisamment extrême pour déjouer les mesures de protection « non nécessaires au vu du risque acceptable » pour qu’une problématique de catastrophe s’installe de manière durable sur le site.
Une petite recherche sur Internet documente suffisamment l’accidentologie liée à des centres de tri de déchets, qui, on peut en être certain, étaient tous parfaitement bien conçus et sécures.
Extrait d’inventaire accidentologie Centres de tri des déchets :
Pourquoi ces exemples ? Comme à Tchernobyl, comme à Fukushima, comme on le prétendait surtout avant qu’ils n’arrivent : « Un tel accident est impossible ! », « Nous avons tout prévu ! ». Fort heureusement, il ne s’agit pas ici du même contexte, mais bien de la même inconscience à oublier les conséquences fâcheuses, dramatiques voire catastrophiques d’une atteinte aux ressources de cette zone aquifère lors d’un événement inattendu.
