Odeur sur Genève: les déchets de chantier brûlent toujours

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Odeur sur Genève: les déchets de chantier brûlent toujours

Sogetri SA a été victime d’un incendie cette nuit au 75 route des Jeunes. Personne n’a été blessé.

Laure Gabus/FTh /JFM    Publié: 19.03.2015, 11h20 Mis à jour: 19.03.2015, 13h03

L’odeur de brûlé a empesté l’air d’une bonne partie de la ville de Genève, la fumée a envahi tout le quartier. L’incendie qui s’est déclenché vers 2 heures du matin a même fait exploser le taux de particules fines dans la cité. Quatre entrepôts de l’entreprise Sogetri SA, sis au 75 route des Jeunes, juste en face du centre commercial de La Praille, sont partis en flamme dans la nuit de mercredi à jeudi. L’alarme a été donnée à 2h22. C’est la troisième fois que les déchets collectés par cette entreprise partent en fumée.

A 11h30, le feu était en passe d’être complètement éteint. Des vapeurs s’élevaient encore des tas de déchêts confinés dans quatre alcôves, qu’un trax vidaient une à une. Des lances à incendie arrosaient un cinquième tas d’objets calcinés qui grossissait peu à peu. Il n’y a pas eu de risque d’intoxication, ont précisé les pompiers qui en étaient à leur sixième briefing.

Par mesure de sécurité, l’autoroute et la route des Jeunes ont été fermées. Ces deux axes ont été rouverts à la circulation peu après 9h.

La climatisation concentre l’odeur

Personne n’a été blessé. Le Dr Marc Niquille de la brigade de soutien des Hôpitaux de Genève (HUG) qui s’est rendu sur place durant la nuit estime que les risques de pollutions sont faibles. C’est surtout du bois qui a flambé provenant des gros déchets ménagers que les camions de l’entreprisses collectent quelques fois par année. Il n’y avait pas de fumée noire caractéristique des déchets industriels, a noté le médecin. La situation météorologique a maintenu le nuage de fumée dans la cuvette de Plainpalais. Et les système d’aération forcée de certains bâtiments ont pu concentrer les odeurs tout en filtrant les particules dans les immeubles, comme le Dr Niquille dit l’avoir constaté à l’hôpital.

Le «souci principal» du Service d’incendie et de secours a été la fumée, très importante. «Des gens ont appelé pour signaler qu’il y avait de la fumée chez eux, poursuit le major Schumacher. Nous sommes allés vérifier à chaque fois.»

Trente pompiers professionnels et trente volontaires

Trente pompiers du SIS et deux compagnies volontaires de Lancy et de Carouge, de quinze hommes chacune, ont été mobilisés. Ils ont été engagés par rotation. «Dans un premier temps, il s’est agi de contenir le feu dans son volume initial, puis de refroidir la structure métallique de la halle pour limiter son effondrement, explique le major Nicolas Schumacher. Finalement, nous avons lancé une opération d’extinction, qui impliquera de brasser les détritus avec des engins de chantier.» Cette dernière opération devrait durer encore «une bonne partie de la journée». Au plus fort de l’intervention les soldats du feu ont engagés cinquante canons et quatre lances à eau.

Le SIS n’a pas engagé son drone pour observer la scène d’intervention. «Ce n’était pas nécessaire, indique le major Schumacher, et la nuit n’est pas favorable à l’utilisation pertinente de cet engin.» Quant aux enseignements que les professionnels de l’incendie peuvent tirer de ce genre de sinistre, la patron du SIS, indique que les pompiers apprennent toujours quelque chose en terme de technique opérationnel. En ce qui concerne les mesures préventives à prendre pour réduire le risque, il renvoie à l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires (OCPPAM).

L’origine du dernier incendie inconnue

Le centre de tri de la route des Jeunes a déjà été victime de plusieurs incendies. Le dernier remonte à juin 2013. Un premier sinistre avait déjà eu lieu le 24 août 2009. A l’époque, plus de 120 pompiers ont bataillé durant plus d’un jour pour maîtriser les flammes. «C’était un lundi, se souvient un employé de la société. Et il avait fallu attendre le jeudi pour que tout soit terminé.» L’entreprise Sogetri est une filiale d’Helvetia-Environnement Holding. Dominique Pin de l’entreprise française Suez Environnement S.A est un des membres de son conseil d’administration.

Les causes de l’incendie restent inconnues. La brigade des vols et incendie a été aussitôt mobilisée comme plusieurs autres services de la police, indique ce matin Silvain Guillaume-Gentil qui a repris à l’aube la permanence du service de presse. La police scientifique se rendra sur place dans la matinée. Lors du précédent sinistre, les experts avaient pu déterminer l’endroit où le feu avait pris, mais ils n’avaient pas pu en préciser l’origine: mégot de cigarette non complètement éteint ou effet loupe d’un bout de verre sur un plastique inflammable. La présence d’aucun accélérant n’avait alors été constatée.

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