Mont-sur-Lausanne et Lucens
Les autorités ont émis une alerte dimanche après-midi. La population du Mont-sur-Lausanne est invitée à fermer portes et fenêtres. L’hypothèse d’une batterie lithium-ion est évoquée.
Marine Dupasquier, Simone Honegger Publié: 17.08.2025, 14h39 Mis à jour: 17.08.2025, 19h00

Gros incendie dans le dépôt de métal de l’entreprise de récupération du Groupe Bader dans la zone industrielle En Budron. Yvain Genevay / Tamedia
Une épaisse fumée noire qui s’élève au-dessus d’un gigantesque amas de ferraille. Ce dimanche, le spectacle qui se déploie dans la zone industrielle En Budron, au Mont-sur-Lausanne, est saisissant. Sur place flotte une odeur extrêmement désagréable, et des dizaines de pompiers du SDIS La Mèbre sont mobilisés.
Au moins deux pelleteuses travaillent à séparer des portions de déchets fumants – dont des larges panneaux de tôle et des pneus – pour les refroidir au jet avant de passer au monticule suivant. Un travail de titan qui va durer des heures. Autour des lieux du sinistre, la circulation s’est trouvée quelque peu perturbée, et la route qui traverse la zone industrielle a été coupée.
L’incendie s’est déclaré dans la zone industrielle du Budron, au Mont-sur-Lausanne.
En même temps que l’alerte était lancée, à 12 h 54, des recommandations ont été faites à la population qui se trouve dans la zone concernée. AlertSwiss invite à fermer ses portes et ses fenêtres, arrêter la ventilation et la climatisation ou encore faire un détour pour éviter la région touchée. Il est également conseillé de ne pas se rendre dans le secteur.
Le quartier de villas situé au-dessus de la zone industrielle a heureusement été épargné, grâce au sens du vent favorable.

Gros incendie dans le dépôt de métal de l’entreprise de récupération du Groupe Bader dans la zone industrielle En Budron. Yvain Genevay / Tamedia
L’entreprise touchée par le sinistre est le Groupe Bader SA, spécialisé dans la revalorisation et la collecte des déchets. Vendredi 15 août, soit deux jours plus tôt, un autre incendie s’était déclaré à l’usine Bader Fers Recycling à Lucens. Malgré leur nom identique, les deux entités sont distinctes. La configuration, elle, était similaire, avec l’embrasement d’un monticule de détritus.
Une batterie lithium-ion comme fautive?
Marc Ducoux, le directeur adjoint de Bader Fers Recycling SA, à Lucens, indiquait alors à «La Liberté» qu’il n’était pas «exclu que cet incendie soit causé par une batterie lithium-ion. On sait qu’elles sont très inflammables et il arrive malheureusement que des gens en jettent dans les déchets ménagers.»
Les suspicions sont-elles les mêmes au Mont-sur-Lausanne? Selon Frédéric Leimgruber, PDG de Metabader SA, il s’agit en effet de l’hypothèse privilégiée compte tenu de la fréquence de ce même type de sinistres ces dernières années. «Il est impossible de confirmer cette théorie pour l’instant, l’incendie s’étant déclaré un dimanche matin d’août, en l’absence de tout personnel sur place», insiste-t-il toutefois.
«Lorsque nous sommes présents sur le site toute la journée, nous sommes en mesure de maîtriser immédiatement les départs de feu, car notre personnel est parfaitement formé et dispose de tout l’équipement nécessaire», poursuit Emilie Herren, chargée de communication à Bader SA. La canicule pourrait-elle expliquer la récurrence d’incendies dans des déchetteries romandes ces dernières semaines? «C’est un paramètre», répond la communicante.

Un gigantesque monticule de tôle, de pneus et autres déchets est en proie aux flammes. Simone Honegger
Les fortes chaleurs n’ont en tout cas pas simplifié la tâche de la cinquantaine de sapeurs-pompiers déployés pour combattre les flammes. «Cela n’a pas d’effet direct sur la propagation du feu, mais cela dessèche encore plus l’atmosphère», glisse l’un d’eux.
Du côté de la police cantonale, on nous prie aussi d’être patients sur la raison qui a mené à ce brasier au Mont-sur-Lausanne. «Nous devons attendre que tout refroidisse, puis sécuriser les lieux, avant d’être en mesure d’envoyer nos collaborateurs et de transmettre des informations aux enquêteurs, détaille Pascal Granado, porte-parole de la police vaudoise. Cela pourrait prendre du temps, selon les analyses et prélèvements à faire.»
Un événement fortement préjudiciable
Ce genre d’événements est fortement préjudiciable pour la société touchée. «Tout d’abord, financièrement, ensuite, au niveau opérationnel car nous ne sommes pas certains de pouvoir rouvrir demain et cela mobilise beaucoup de monde un dimanche, et enfin, en termes d’image, déplore le PDG. Pour nous qui œuvrons en faveur de l’environnement, voir des produits brûlés au lieu d’être recyclés ou valorisés est préoccupant. Nous ne sommes pas aveugles, nous voyons bien les fumées que cela génère.»
Vers 16 h 45 ce dimanche, Frédéric Leimgruber se montrait un peu rassuré, le feu semblant maîtrisé, bien que toujours en cours d’extinction. Nous n’avons pas pu obtenir d’informations du SDIS sur l’heure de fin de l’intervention.
Comment se débarrasser de ses objets électroniques?
Dans de nombreux incendies de déchetteries, la coupable s’avère être une batterie lithium-ion. Tant que leur intégrité reste intacte, ces batteries ne présentent aucun danger. Mais dès qu’elles sont endommagées, les risques changent radicalement. Mal triées et mélangées à d’autres déchets, elles peuvent en effet être altérées par un grappin ou sous le poids d’un entassement, explique le CEO de Metabader, Frédéric Leimgruber. Si la batterie est chargée – ce qui est souvent le cas même lorsqu’elle est jetée –, elle entre dans un processus d’emballement thermique. Ce phénomène génère une chaleur intense, et cette montée en température fournit le carburant nécessaire au déclenchement d’un incendie. Il est donc crucial de bien trier ses déchets et de s’adresser au personnel en cas de doute. «Parmi les objets à surveiller particulièrement: les jouets pour enfants, les outils de loisir ou de chantier équipés d’un accu – comme les perceuses – , ainsi que les cigarettes électroniques et les téléphones portables», souligne Frédéric Leimgruber.